Intelligentes et désirantes

L’appel de la semaine de relâche se fait entendre! Pour l’occasion, les astres se sont alignés pour qu’on puisse sortir d’une belle façon de notre bulle de profs. Ce vendredi, nous aurons le grand bonheur d’être en discussion autour de notre roman, Albertine ou la férocité des orchidées (Québec Amérique), avec notre collègue de La Mèche MP Boisvert pour son roman Au 5e. Au menu : désir féminin, écriture de la sexualité et diversité des modèles de relation. Au plaisir de vous voir à l’Euguélionne et de dialoguer avec vous.

Filles en liberté de Catherine Léger

Lors de la découverte du théâtre de Catherine Léger, nous avons ressenti une complicité immédiate, tant dans l’esprit que dans la forme. Cette proximité, nous l’avons retrouvée d’Opium 37 à Baby-sitter, en passant par Princesses, Voiture américaine et J’ai perdu mon mari, dont la lecture nous a fait rire aux larmes. Filles en liberté nous a toutefois encore plus renversées, tant Léger y pousse l’audace encore plus loin que ce que nous aurions pu imaginer. Le choc que nous avons ressenti pendant notre lecture (et non la représentation, hélas, puisque nous avons pensé trop tard à nous procurer des billets!) était tel qu’il nous fallait écrire pour explorer celui-ci. Dans tous les arts, en particulier au cinéma et au théâtre, nous sommes folles des oeuvres survoltées, qui tournent le dos à la juste mesure, voire au bon goût. Seule une esthétique exaltée permet d’aller au bout de certaines observations.

En créant Le bal des absentes, nous nous sommes donné un espace qui nous permettait toutes sortes de libertés, par exemple celle de mettre côte à côte des oeuvres anciennes et récentes, de mêler récit personnel et analyse d’une oeuvre. En revêtant nos habits de profs, nous tournions toutefois le dos à une autre partie de notre écriture. Notre penchant pour l’humour, le délire, nous y avons donné libre cours dans le roman que nous avons écrit ensemble Albertine ou La férocité des orchidées et nous sommes résolues à continuer d’agrandir notre terrain de jeu.

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Prêtes pour la marée humaine de la Place Bonaventure!

Premier Salon du livre de Montréal pour les blogueuses de longue date que nous sommes! Et nous y serons pas à peu près!!! Nous serons présentes pour deux livres : Le bal des absentes, bien sûr, et notre roman qui vient de paraître, Albertine ou La férocité des orchidées. Notre aventure au salon débute avec une table ronde, animée par Judith Lussier, autour de notre Bal des absentes et du Principe du cumshot de Lili Boisvert. Nous sommes très enthousiastes à l’idée de discuter du lien, trop peu abordé, qui existe entre les injonctions imposées aux femmes dans la sexualité et celles dans la littérature (en tant qu’écrivaine et en tant que personnage). Toutes les informations sont sur l’événement Facebook de la table ronde.

Nous serons présentes au stand 117 de La Mèche pour Le bal des absentes jeudi de 18 h à 19 h, samedi de 15 h à 16 h et dimanche de 17 h à 18 h, ainsi qu’au stand 132 de Québec Amérique pour notre roman Albertine ou La férocité des orchidées jeudi de 19 h à 20 h et samedi de 16 h à 17 h. Au plaisir de vous rencontrer et de discuter avec vous!

Julie Boulanger & Amélie Paquet

En route vers la capitale nationale!

À L’Euguélionne la semaine dernière, nous avons lancé dans la plus grande joie l’essai Le bal des absentes, publié à La Mèche. Pas de repos pour les guerrières! Nous serons cette fin de semaine au Salon du livre du Québec. Sous les néons, dans la cohue, au coeur d’un univers aux antipodes d’une vie consacrée à l’écriture, venez-nous voir! Nous serons très contentes de vous rencontrer. Samedi de 16 h à 17 h et dimanche 12 h à 13 h au stand 322.

Lancement de l’essai Le bal des absentes

Nous nous sommes faites discrètes sur le blogue ces derniers temps. Nous n’étions pourtant pas très loin! C’est avec beaucoup de bonheur que nous nous sommes consacrées à la préparation de notre essai. Il est maintenant terminé et sortira en librairie le 21 mars. Le bal des absentes, édité par La Mèche, comprend des textes retravaillés du blogue et quelques inédits. Nous espérons que les habitué·e·s redécouvriront avec plaisir nos textes qui prennent un nouveau sens à l’intérieur du livre.

Tenez-vous-le pour dit : l’aventure livresque ne nous détournera pas du blogue! Nous écrivons sur Internet depuis le début des années 2000 et continuerons à le faire. Maintenant que l’essai est sous presse, nous recommencerons à publier régulièrement dans cet espace. Restez à l’affût!

Publier un livre, c’est aussi une manière de provoquer des rencontres. Nous vous convions à assister à notre lancement le jeudi 30 mars à la librairie l’Euguélionne à Montréal. Nous serons également au Salon du livre de Québec la semaine suivante. Au plaisir de vous y voir en grand nombre!

Les Innocentes d’Anne Fontaine

Captives du bungalow familial, deux enfants sages étaient fascinées, déjà, par les religieuses. Comment aurait-il pu en être autrement? Filles de prolétaires croyants, elles étaient plongées dans l’imaginaire catholique que leurs parents leur transmettaient à dessein et malgré eux. Celui-ci était intégré à leur quotidien par le biais d’une panoplie d’objets : des bijoux ornés de croix, des rameaux tressés cloués au-dessus des portes, une boîte à chaussures remplie d’images de saints, l’incontournable crucifix sur le mur, une montagne d’éditions de la Bible et des récits de vie de saints. Si inoffensifs puissent-ils paraître, ils allaient de pair avec un enseignement qui tuait dans l’oeuf toute audace et volonté de dépassement. Elles apprenaient ainsi à travailler fort sans s’en vanter, à se résigner à ce qu’elles avaient sans demander plus, à aimer les choses simples, à mettre des vêtements pratiques mais pas forcément coquets, à craindre la sexualité, à porter leur croix sans se plaindre et à pardonner aux bourreaux. Ce qui nous frappe aujourd’hui et que nous pressentions alors, c’est que, tout en menant jusqu’à l’extrême ces valeurs,  la religieuse les transcendait. Quelque chose en elle leur échappait.

Sans pouvoir l’expliquer, nous sentions qu’un mystérieux lien nous unissait à elle. Nous étions séduites par le fait que ces femmes ne menaient pas une vie comme les autres. Leur existence, soustraite à l’ordre ordinaire du monde, était entièrement consacrée à quelque chose de grand, d’inatteignable. Nous ne le savions pas encore, nous poursuivrions plus tard une quête similaire : à Dieu nous avons substitué la littérature. Contrairement aux enfants de petit-bourgeois qui sont nés dans un monde de livres et entourés de professionnels de la culture, il n’y avait pourtant rien de comparable dans notre entourage. La religieuse avait dans notre imaginaire la place que la femme de lettres aurait pu occuper si nous avions connu plus tôt un monde comme celui-là.

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