La Détresse et l’Enchantement de Gabrielle Roy

Les lectures sont le fruit de rencontres et de circonstances. C’est sans doute ce qui rend les lectures obligatoires si arides: elles ne sont pas imprégnées du désir suscité par une rencontre et ne sont pas non plus illuminées par la beauté du hasard. À moins que celle ou celui qui impose la lecture ait réussi à le susciter d’emblée, le désir ne vient qu’au fil de la lecture, lorsque la contrainte ne l’a pas complètement gâché d’avance.

Longtemps, Gabrielle Roy m’a indifférée. Gabrielle Roy, pour moi, était la parfaite représentante de l’institution. C’était une de ces rares écrivaines que les hommes qui ne lisent pas de femmes admettent dans leur club sélect. Gabrielle Roy était la grand-mère rassurante, la femme pure, idéale, le contraire absolu de Nelly Arcan, quoi ! Il m’a fallu bien du temps pour parvenir à détruire cette image qui rendait impossible toute rencontre avec elle.

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