Filles en liberté de Catherine Léger

Lors de la découverte du théâtre de Catherine Léger, nous avons ressenti une complicité immédiate, tant dans l’esprit que dans la forme. Cette proximité, nous l’avons retrouvée d’Opium 37 à Baby-sitter, en passant par Princesses, Voiture américaine et J’ai perdu mon mari, dont la lecture nous a fait rire aux larmes. Filles en liberté nous a toutefois encore plus renversées, tant Léger y pousse l’audace encore plus loin que ce que nous aurions pu imaginer. Le choc que nous avons ressenti pendant notre lecture (et non la représentation, hélas, puisque nous avons pensé trop tard à nous procurer des billets!) était tel qu’il nous fallait écrire pour explorer celui-ci. Dans tous les arts, en particulier au cinéma et au théâtre, nous sommes folles des oeuvres survoltées, qui tournent le dos à la juste mesure, voire au bon goût. Seule une esthétique exaltée permet d’aller au bout de certaines observations.

En créant Le bal des absentes, nous nous sommes donné un espace qui nous permettait toutes sortes de libertés, par exemple celle de mettre côte à côte des oeuvres anciennes et récentes, de mêler récit personnel et analyse d’une oeuvre. En revêtant nos habits de profs, nous tournions toutefois le dos à une autre partie de notre écriture. Notre penchant pour l’humour, le délire, nous y avons donné libre cours dans le roman que nous avons écrit ensemble Albertine ou La férocité des orchidées et nous sommes résolues à continuer d’agrandir notre terrain de jeu.

Pour Catherine Léger, l’humour sert de rampe de lancement. Dans « Le mot de l’auteure » de J’ai perdu mon mari, elle raconte :

[La comédie est] arrivée comme un cadeau énorme qui a fait sauter toutes les barrières. Si j’étais capable de faire rire, je pouvais aborder n’importe quel sujet, avouer les pires vices, parler de ce dont on n’est pas supposé parler, ou pire, de ce qui aurait normalement été trop banal pour se retrouver sur une scène. La comédie m’a permis de dire ce que j’avais à dire en paix.

On entend souvent des artisans de l’industrie culturelle tenir des propos en apparence similaires. Ils se vantent de pouvoir tout dire grâce à l’humour et se font les ardents défenseurs de ce qu’ils appellent « liberté d’expression ». Or, combien d’entre eux, sous le couvert de grandes révélations, ne font que marteler des idées reçues, conforter les gens dans leurs préjugés, reconduire l’idéologie dominante et alimenter des mythes! Ils n’ont pourtant pas tort d’affirmer que l’humour est une source d’émancipation. Le théâtre de Catherine Léger en est la preuve véritable. Derrière tous ses personnages, on sent une dramaturge qui s’amuse et qui, grâce à ce perpétuel déséquilibre, rejette une vision figée du monde.

Dans Filles en liberté, Méli, Cynthia et Chris Boivin, âgées de vint ans, tuent le temps avec deux hommes dans la mi-trentaine, Nick et Pascal. La pièce débute autour du couple formé par Méli et Nick. Assez rapidement les relations hommes-femmes sont écartées afin de laisser la place aux projets artistiques frondeurs de Méli qui ne feront pas l’unanimité au sein du groupe. La jeune femme est l’ancienne étudiante de Nick, prof de cinéma au cégep.

Catherine Léger porte un regard moqueur sur les hommes des milieux intellectuels et artistiques, dont la masculinité était traditionnellement remise en question. Theodor Adorno en a fait une analyse brillante dans le texte « Tough Baby » de ses Minima Moralia (1951), où il décrit la dépréciation de ceux-ci dans la société de son époque au profit des sportifs. Plus près de nous, Léandre Bergeron dans son Dictionnaire de la langue québécoise écrivait en 1980 : « Étudiant en lettres n.m — Homosexuel ».  La définition entendait ici, pour refléter la vision du Québec de l’époque, homosexuel comme efféminé, c’est-à-dire dépourvu de vigueur, de quelque valeur qui soit.

Les intellectuels d’aujourd’hui ont bien appris la leçon. Pour liquider le moindre doute concernant leur virilité et s’assurer de ne pas être relégués à la marge, ils clament sur toutes les tribunes leur amour du sport, comme s’il s’agissait d’un caractère distinct. En vérité, la sociabilité des milieux intellectuels et artistiques se construit majoritairement sur cette passion commune. C’est autour des parties de tennis, de hockey, de baseball, de football, que les boys clubs s’organisent. Nick en est l’incarnation parfaite. Le hockey est au centre de sa vie. La pièce commence d’ailleurs avec l’annonce d’une énième défaite de l’équipe de hockey dans laquelle il joue avec son ami et collègue d’histoire de l’art. Nick ne comprend pas la nonchalance de Pascal, qui ne prend pas assez au sérieux la compétition. Lorsque ce dernier finit par abandonner le hockey sous la pression de Nick, l’équipe gagne contre les plus redoutables adversaires de leur ligue d’amateurs. Nick est galvanisé par cette victoire : « Je le sens dans mon corps. Je le sens dans mes tripes. Je le sens dans mes gosses, estie. » (p. 77) La réplique est très comique, mais en rien caricaturale. En tant qu’anciennes étudiantes de lettres aujourd’hui enseignantes, nous avons croisé sur notre route et continuons de rencontrer des dizaines d’exemplaires de Nick!

Pascal, de son côté, relance sa masculinité grâce à la politique en adhérant au Parti Québécois. Laissé par sa copine Amy, une anglophone qui part vivre à Toronto, l’amoureux éconduit entend soudainement l’appel de la nation : « Tsé rejette-moi, ok, mais rejette pas tout ce que je représente. […] Rejette pas ma patrie. » (p. 41) Nick ridiculise l’illumination de Pascal. Cela ne l’empêche pas, dans une scène hilarante, après le triomphe de son équipe de hockey, de déclamer la poésie d’une figure emblématique du souverainisme  : « NICK, récite du Miron, ivre mentalement. Venez tous ceux qui oscillent à l’ancre des soirs […] « Good-bye Farewell! » » (p. 77) Comme quoi, passion du pays et masculinité ne font qu’un!

Cette performance de la masculinité des trentenaires n’en fait pas des modèles d’hommes accomplis. Une scène particulièrement éloquente représente Pascal comme un adulescent. On le voit oisif, passer du temps chez Méli, qui habite à côté du cégep, et consommer du cannabis juste avant d’aller enseigner. Ils ne sont toutefois pas des rustres, comme le personnage de Cédrick dans Baby-sitter, qui a agressé verbalement à la télé une célèbre journaliste sportive pour faire rigoler ses amis, ni comme Jean-Michel, le frère de celui-ci qui, pour le remettre dans le droit chemin, l’amène à écrire une lettre à sa victime, puis à toutes les femmes. Peu à peu, Jean-Michel, qui est journaliste, s’arroge le projet et utilise les confidences que lui ont faites des femmes pour se construire comme « homme féministe ». Ni douchebags, ni grands féministes autoproclamés, Pascal et Nick connaissent simplement les codes et les limites à ne pas dépasser.

On ne sait pas exactement quand la relation entre Nick et Méli a commencé ni qui a pris les devants. Tout ce qu’on apprend, par l’entremise de Méli, c’est que Nick n’aurait pas eu de relation sexuelle avec elle si elle était restée son étudiante. La solution trouvée par Méli : abandonner l’école. La respectabilité de Nick est donc sauve, mais les conséquences sur la vie de Méli ne sont pas moindres. À aucun moment son ancien enseignant n’exprime d’inquiétudes ou de remords vis-à-vis cette décision. Tout ce qui lui importe, c’est que la jeune femme trouve un emploi, quel qu’il soit. Il vit d’ailleurs cette relation dans une certaine clandestinité. Méli lui reproche de ne jamais l’amener dans sa maison en banlieue et de ne pas lui présenter ses proches, à l’exception de Pascal, pour qui elle ne semble avoir aucune estime. En contrepartie, Nick, grand prince, lui offre un nouveau réfrigérateur (dont il profitera bien sûr). Forcée d’accepter un si gros cadeau dont, selon Nick, elle ne peut se passer, elle joue d’astuces pour empêcher cette offrande piégée : « MÉLI, elle fait exprès, toujours de bonne humeur. Le frigidaire c’est le début de la domestication. » (p. 59) De façon plus ou moins délibérée, elle est toujours trop occupée pour accueillir les livreurs.

Personnage typique de l’oeuvre de Léger, Méli est une femme d’action comme les trois soeurs de Princesses, Evelyne dans J’ai perdu mon mari et Émy dans Baby-sitter. Aux prises avec un monde qui ne leur fera pas de cadeau, elles foncent coûte que coûte pour arriver à leurs fins. Elles sont pragmatiques et n’hésitent pas à tourner à leur avantage certaines injustices ou inégalités lorsqu’elles en ont l’occasion. Imparfaites et pleines de contradictions, elles paraissent étourdies par moments, mais ont de formidables éclairs de génie. C’est ce qui fait la richesse des personnages et le comique des pièces. Léger utilise un stéréotype de la comédie (la sotte) qu’elle réinvente pour montrer ce qui se cache derrière celui-ci.

Au début de la pièce, en s’appuyant sur une théorie évolutionniste selon laquelle Nick « subvient à [ses] besoins parce qu'[elle va] répandre son code génétique » (p. 13), Méli annonce sans ambages son projet de devenir femme au foyer. Les moqueries de Pascal,  estomaqué par les idéaux vieillots qui sortent de la bouche de celle qu’il qualifie de « post-féministe trash » (p. 14), ne la détournent pas de son plan. Elle ne cherche l’approbation de personne. Le manque de confiance de Nick, qui rince les préservatifs utilisés lors de leurs relations sexuelles, la fait cependant changer d’idée : « Wow! Tu penses que je vais m’inséminer en cachette? […] J’ai pas besoin de tricher dans vie pour avoir ce que je veux, franchement tu me sous-estimes pas mal. » (p. 19-20) Nick part, ne trouvant rien à répondre à une telle vérité.

Méli n’attend plus rien de son copain, et, passant d’un extrême à l’autre, décide de se lancer en affaires. Rappelant l’entrepreneuse Évelyne, qui, dans J’ai perdu mon mari, tient une boutique de yogourt glacé et rêve d’une franchise de Tim Hortons, l’héroïne des Filles en liberté opte pour un type de commerce nettement plus marginal. Elle se rapproche ainsi un peu de la vieille Grignon de Voiture américaine. Cette propriétaire d’une compagnie de taxi et d’un magasin général a la mainmise sur la vente de l’essence, dans une société post-apocalyptique. En plus de ne pas être rassembleur comme un Tim Hortons, qui occupe une place étonnante dans le coeur des gens, le commerce de la vieille Grignon suscite la crainte. Cette femme de pouvoir fréquente ses jeunes chauffeurs et est impliquée dans des affaires inquiétantes. Méli opte également pour un projet controversé et qui, d’une autre manière, suscite le malaise.

Ambitieuse et au-dessus des préjugés, Méli décide de se lancer dans un domaine où la demande est importante. Soucieuse des conditions de travail et désireuse de se distinguer de la concurrence, elle opte pour un commerce à la fois bien de son époque, mais aussi à l’avant-garde : la pornographie équitable. Elle s’inspire ainsi des oeufs de poules en liberté. Le titre de la pièce prend ainsi tout son sens. Les filles en liberté sont donc des poules en liberté. Méli explique son modèle d’affaires à une candidate qu’elle reçoit en entrevue :

C’est de la pornographie locale pis écoresponsable… Genre développement durable. Ta vie sera pas scrapée même si tu fais de la pornographie…  […] C’est comme les oeufs pondus par des poules en liberté… […] Le monde paye le double du prix parce que ça les rassure de savoir que les poules qui ont pondu leur douzaine d’oeufs étaient libres. Épanouies. Parce que tsé, le fait qu’on prenne l’oeuf de la poule pis qu’on le mange, c’est pas un problème… A l’en pond plein, des oeufs. […] Le problème, c’est de mettre des poules dans des cages. C’est la même affaire avec la pornographie. (p. 53-54)

Bien au fait des buzzwords, elle décrit son projet dans un collage maladroit et désordonné. Ce qui frappe ici, ce n’est pas la justesse de son propos, mais l’assurance folle avec laquelle elle l’énonce.

Ce qui peut surprendre encore plus, c’est que Méli ne se contente pas de proposer un modèle innovateur, mais souhaite faire oeuvre artistique. Elle entend bien faire mentir ses détracteurs, au premier chef Pascal qui, lorsqu’il croit deviner la teneur du projet de celle-ci, lui sert une bonne dose de condescendance, et Chris Boivin, impliquée à son insu dans le projet. Chris, manipulée par l’ambitieuse jeune femme, croit avoir été mandatée pour concevoir le design d’un site internet consacré à l’histoire. Ce n’est qu’à moitié vrai. Méli s’aventure aussi sur le terrain de Nick. Elle utilise, tout en le remettant en question, l’enseignement de son ancien prof de cinéma. On ne sait pas grand chose de ses cours, sinon qu’il met au programme le film de Francis Mankiewicz Le temps d’une chasse, qui repose sur l’édification de l’identité masculine et semble tant avoir irrité Méli.

Ainsi vient à l’esprit de Méli de créer un site Internet qui marie pornographie et histoire du Québec : lesfillesduroi.ca. La jeune femme se sent investie d’une mission : « Je veux donner au Québec une histoire parallèle dans laquelle les Filles du roi sont capables de prendre le contrôle de leur sexualité et de jouir. Ce que je suis en train de faire avec ma pornographie, c’est de réparer l’inconscient collectif québécois. » (p. 98) Même si le projet historico-porno sert de ressort comique, la réflexion qu’il suscite n’en est pas moins grave.

Point aveugle de l’histoire mis en lumière par les artistes féministes des années soixante-dix, comme Anne Claire Poirier (avec entre autres Les filles du Roy) et les autrices de La Nef des sorcières (Luce Guilbeault, Marthe Blackburn, France Théorêt, Odette Gagnon, Marie-Claire Blais, Pol Pelletier, Nicole Brossard), la préoccupation au sujet du désir féminin (et du consentement corollaire à celui-ci) ressurgit aujourd’hui. Anne-Marie Olivier, dans Faire l’amour, accorde une place importante au désir des femmes qui nous ont précédées. Parmi les monologues les plus marquants autour du thème de la sexualité qui se succèdent dans sa pièce, se trouvent entre autres l’histoire d’une femme qui a vécu sa sexualité de façon très libre, plusieurs décennies auparavant, et celle d’une autre qui montre que l’art de la séduction peut tout aussi bien être exercé par une femme de soixante-dix ans. La première, « la pulpeuse Thérèse », est une « chapelière qui a les bras grand ouverts », « irrésistible, /comme une jolie dodue des peintures de Renoir » (p. 28-29) qui a eu jadis comme amants deux hommes, avant que cette histoire ne se termine de façon tragique lorsque la possessivité de l’un a conduit à la mort des deux autres. La deuxième, Marguerite, est une femme de soixante-dix ans, qui, malgré son mariage malheureux, a préservé sa force. Dans un moment de complicité féminine joyeuse, elle montre à sa petite-fille « comment être sensuelle, coquine, désirable » (p. 51) avant de lui parler des hommes qui ont traversé sa vie. Dans le bouleversant livre de creative non-fiction de Julie Bosman, Nous sommes bien seules, le thème de la sexualité des femmes d’âge mûr se profile aussi souvent derrière celui de la solitude. Tout cela permet de mettre à mal l’idée reçue selon laquelle il faudrait forcément être dégoûté par l’idée que notre mère ou grand-mère ait eu (ou, pire, ait encore!) une vie sexuelle, cliché qui sert d’abord et avant tout à réprimer le désir de celles-ci.

Là où l’audace de Léger est à son comble, c’est dans l’ironie blasphématoire de Méli au sujet de la vénération du poète Gaston Miron, père symbolique de la nation. On sait que si l’oubli de la mère est aisément toléré, il ne faudrait surtout pas rire du père!

MÉLI, se moque. « Good-bye Farewell »!

NICK. Ta yeule.

MÉLI, continue, se moque toujours. Nous reviendrons nous aurons à dos le passé

Nick n’aime vraiment pas ça. Pascal rit en mangeant sa pizza.

NICK. Ta yeule.

MÉLI, insupportable. Et à force d’avoir pris en haine toutes les servitudes

NICK. Ta yeule.

MÉLI. Nous serons devenus des bêtes féroces de l’espoir

NICK, furieux, il lance son cahier, hurle. Ta yeule! (Méli et Pascal n’osent plus bouger. Nick se lève, se penche vers Méli. Moins fort, mais menaçant.) Niaise pas avec ça, ok? (Nick se dirige vers la chambre à coucher, lentement, il est saoul. Il se tourne vers Méli.) Tu niaises tout le temps avec toute. (p. 82-83)

L’iconoclaste Méli, qui, de toute évidence, connaît l’oeuvre de Miron, est indigne aux yeux de Nick de porter la parole du poète. Même si elle n’en est pas à une plaisanterie près, c’est la première fois de la pièce que son copain sort de ses gonds. Force est d’admettre que cette adoration de Miron est encore incontestable dans le milieu culturel, en particulier chez les professeurs de littérature. Bien malheureuse serait la personne qui oserait prendre exemple sur Méli!

Contre toute attente, l’étourdie, telle que la réinvente Léger, est celle qui porte la responsabilité du monde, comme Émy dans Baby-sitter. Tandis que la gardienne offre un espace de liberté à Nadine, la mère épuisée, Méli veut faire le même cadeau aux Québécoises par le biais de son cinéma. Elle n’en devient pas pour autant un modèle. Insaisissable, Méli s’agitera toujours comme une poule en liberté. Son cinéma s’inscrit dans le mouvement, dans l’éloge du désir, de la vie. C’est tout le contraire de la prosternation devant tout monument auquel elle s’oppose.

2017 marquera les esprits comme une année où ont été déboulonnées plusieurs statues en Amérique du nord. On a répété à tout vent qu’un tel geste allait de paire avec une aseptisation de l’histoire qui conduisait à une destruction de celle-ci, que, pour la rendre plus pure, plus conforme à nos valeurs actuelles, on en effaçait de larges plans. Et si les monuments empêchaient de penser l’histoire, et que, en les déboulonnant, on révélait enfin tous ceux et celles que l’élévation des idoles avait effacé·e·s? Peut-être faudrait-il remplacer la vénération par l’admiration. L’admiration, qui n’exclut pas la critique et ne conduit pas à un aveuglement, offre aux vivants une force qui permet de s’élever, alors que la vénération les pousse inévitablement à s’incliner.

 

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